Mon combat contre un alligator

mon combat contre un alligator

Bonjour, Salut, Enchanté,

Né dans des circonstances exceptionnelles il y a de cela des années, je me présente aujourd’hui à toi avec grâce, bonheur et joie. Oui, tout ça. Et s’il y a bien une qualité qu’on me reconnait, c’est l’honnêteté. Curieux de nature, j’ai exploré de multiples contrées en quête d’aventures. Et je peux te dire que j’ai été servi. La plus illustre de mes aventures est celle où j’ai combattu un alligator. Oui, je vois tes yeux écarquillés. Allez, je te raconte pour le plaisir de me faire plaisir.

Tout commence par une jolie balade en tricycle

C’était un vendredi assez banal, je venais de rouler sur mon tricycle toute la journée. Il faisait chaud, le soleil cognait fort. J’étais très heureux de le voir amorcer sa courbe descendante et de sentir sa chaleur s’atténuer. J’ai alors décidé de m’arrêter au prochain point d’eau que je trouverai.

J’ai dû continuer à pédaler pendant bien une heure. Je suis arrivé dans une zone agréablement boisée. Je sentais le taux d’humidité augmenter : j’étais proche d’un point d’eau. Et en effet, 15 minutes plus tard j’avais les pieds dans l’eau, tranquillement installé au bord d’un marais.

Après m’être désaltéré grâce à ma pompe filtrante, j’ai pris du temps pour me prélasser au bord de l’eau. De jolis nénuphars flottaient à la surface. Une légère brise faisait onduler mes cheveux soyeux. Mes muscles étaient ravis de se détendre. Quand tout d’un coup, je vis deux yeux jaunes.

Je les vis d’un coup, vifs, pétillants : hypnotisant.  Oui, je peux l’avouer, mon palpitant a fait un bond. Je me suis relevé d’un coup et je me suis mis en garde, prêt à me défendre. 

A partir de là, ça se corse

Sueur qui coule le long de ma tempe, souffle qui devient court, poings qui se serrent, tout mon corps est en alerte. Les deux yeux jaunes laissent place à une tête d’alligator. Il a l’air déterminé à me fixer du regard. Je vois la tête de mieux en mieux, l’alligator s’avance, déterminé. Mon cerveau est en ébullition. J’ai besoin d’une solution, maintenant, tout de suite.

Alors je décide de mettre en place ma contre-attaque. D’un mouvement vif, digne du maitre shaolin que je ne suis pas, je plonge la main dans mon sac et en ressort mon alligator en peluche. Il s’appelle Didou et il est super mignon. Bref. Je saisis Didou et je me mets à le frapper de toutes mes forces (le pauvre). Avec l’agilité d’un guépard, je le saisi par le coup et le mord avec force et énergie, tout en regardant fixement le caïman dans l’eau.

Mon but : lui montrer que je sais me battre et le décourager de m’attaquer. Je deviens totalement enragé et attaque Didou avec puissance, force et précision. L’alligator stoppe sa progression. Encouragé par cette réaction, je continue à lui exprimer ma détermination. Il doit détacher son regard de moi. C’est impératif. Didou continu à morfler. Je suis obligé de contrôler mes coups pour ne pas le déchiqueter.

Je constate alors avec stupeur que le caïman amorce un léger changement de cap. Il semble avoir décidé de sortir de l’eau. Je me recul alors tranquillement, cherchant à rejoindre mon tricycle.

Mon objectif : récupérer le rouleau de scotch adhésif @lesuperscotch que je garde tout le temps sur mon guidon, en cas de onnesaitjamais. J’ai ouïe dire que les alligators ont une très faible force d’ouverture de leur mâchoire. Avec la dextérité qu’on me connait, je projette d’enrouler du scotch autour de la mâchoire de l’alligator pour lui éviter de pouvoir m’attaquer. Mais l’alligator ne me laisse pas le temps de mettre mon plan à exécution. Il accélère ses mouvements et se retrouve rapidement hors de l’eau, face à moi.

Panique

Mon taux d’adrénaline est poussé au maximum : je me mets à rugir. Et ça marche ! L’alligator s’immobilise et me regarde fixement. Je plonge mon regard dans le sien. Je suis déterminé à gagner ce combat de regard coûte que coûte. Je sens le temps qui passe, aucun de nous deux n’a esquissé le moindre geste.

Au bout de ce que j’estime être 1h de temps, je commence à me lasser (sans rien en laisser paraitre). J’ai bien compris qu’il souhaite que j’aille balader mon tricycle ailleurs, et que de toutes façons je ne vais pas me mettre à habiter au bord du marais. Et puis Didou est fatigué de toute cette violence.

Je propose alors un deal à l’alligator : je lui laisse son territoire et en échange il me laisse partir. Qu’est-ce que je suis futé ! L’alligator semble accepter : il ne bouge pas. Je crois qu’il aime bien ma peluche. Par sécurité (on n’est jamais trop prudent) je brandi Didou devant moi, comme un talisman. Et tranquillement, je rejoins mon tricycle. Je l’enfourche. Pendant tout ce temps, je n’ai pas lâché l’alligator des yeux : je ne compte pas perdre le combat de regards. Je commence à pédaler à l’envers, pour garder mes yeux plantés dans ceux de l’alligator. L’alligator me regarde fixement, je croirais déceler un sourire. Oui, les alligators ça fait des sourires, pas de doutes là-dessus. Et ça ne m’a pas plu, pas plu du tout.

Ok, conduire un tricycle à l’envers, c’est comment dire, pas évident. Mais ce n’est pas une raison pour se moquer de moi ! Après avoir zigzagué sur environ 3 mètres, le dieu des marais est venu à mon secours. Pile à ce moment-là, alors que le duel de regards continuait, un petit rongeur est sorti de je ne sais où. L’alligator n’a pas pu résister, il a détaché ses yeux des miens pour fixer toute son attention sur le rongeur.

VICTOIRE par KO !!! La joie m’a envahie du bout de mes oreilles jusqu’à mes orteils, ou l’inverse je ne sais plus. J’ai pu reprendre une conduite à l’endroit de mon tricycle (c’est quand même plus pratique) et partir de ce marais, rempli d’une joie immense.

La victoire est réservée aux personnes honnêtes

Oui, je te vois entrain de douter de la véracité de cette histoire. Si t’as un doute, relis le début de ce texte : « s’il y a bien une qualité qu’on me reconnait, c’est l’honnêteté. ».

Sur ce, j’aimerai bien savoir si toi aussi t’es une légende vivante en duel de regards. Si t’as envie de me défier, écris-moi. Sinon, écris-moi quand même, j’aime avoir des admirateurs. Et sur ce, belles aventures à toi !

Photo de couverture par S. Hermann & F. Richter de Pixabay

1 commentaire pour “Mon combat contre un alligator”

  1. Bonjour Merluchon, enchanté, merci.
    Ton aventure épique est proprement fascinante ! J’en ai autant appris sur les alligators et leur sourire, que sur toi et ton expérience de vie prodigieuse. C’était mieux qu’un épisode de « C’est pas sorcier », et beaucoup plus rigolo (même si Jamy est fort en jeux de mots).
    Tu m’inspires beaucoup et je pense bientôt partir à la recherche d’un marais pour défier à mon tour un alligator et ainsi devenir un Merluchon. Je pense toutefois y aller avec un sandow à la place du scotch : je préfères le nom.
    J’espère que tu nous régaleras encore de nouvelles aventures car je suis sûr que, même si celle-ci était la plus illustre, tu as encore beaucoup de choses émerveillantes à partager.
    Un fan.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.