Je n’aime pas travailler. Un point c’est tout.

Le tricycle une de mes passions

Bonjour lectrice, lecteur, extraterrestre,

Aujourd’hui, j’ai un truc à dire. Quelque chose que j’ai envie de crier au monde entier. Un peu comme quand tu tombes amoureux et que tu as envie que tout le monde ressente le bonheur qui illumine tes tripes.

Sauf que là, ce n’est pas très illuminant comme truc. C’est d’ailleurs clairement écrit dans le titre de cet article : je n’aime pas travailler. Mais alors pas du tout.

Je me revois encore gamin, tout petit face aux grands yeux de ma tante Artémis. A chaque vacance scolaire, elle me répétait avec une voix trop mielleuse pour être sincère « oh mais toi t’es un brave petit, tu vas bien TRAVAILLER à l’école et quand tu seras grand tu auras un bon TRAVAIL. » Tata, si tu me lis aujourd’hui, sache que j’ai percé ton secret à jour : toi non plus, tu n’aimes pas travailler.

Et quand je vous dis que je n’aime pas travailler, ce n’est pas des blagues.

Je déteste tout ce qui touche au travail : la pression sociale, le « je suis ce que je fais comme travail », l’implication émotionnelle que ça me demande, l’hypocrisie quotidienne, les efforts permanents de productivité, les attentes surdimensionnées pour t’épanouir dans ton travail sinon t’es qu’un raté qui ne s’est pas donné les moyens de vivre ses rêves. Je déteste tout ça, je le méprise, je l’écris sur des bouts de papier que je brule en jurant.

MAIS, car dans la vie, il y a toujours un mais (contrairement à ce que me disait oncle Paul). Je dois bien avouer que ma vie d’aventurier m’a fait croiser la route de gens in love de leur travail, heureux de se lever le matin pour passer des heures entières à travailler, joyeux d’apprendre de nouvelles choses, de rencontrer des gens, de découvrir des contrées magiques, et tout ça par l’intermédiaire de leur travail.

Je me suis fait prendre au piège 

J’adore passer des heures à réparer et pimper mon tricycle. Et un jour, quelqu’un m’a dit « tu sais qu’il y a des gens dont c’est le taff de réparer des vélos et des tricycles ? Tu pourrais faire ça comme travail, tu t’épanouirais tout en travaillant ! » J’ai eu envie de l’étrangler. A ce moment-là, je n’avais pas envie d’être mis face à mes contradictions. Mais avec le recul, je me suis dis qu’il avait raison. Je lui ai préparé une tarte aux fraises pour le remercier.

Malgré tout, je n’aimais toujours pas travailler. J’ai donc décidé de trouver un presque juste milieu.

Le presque juste milieu

J’ai créé un plan en 4 étapes.

  • 1 – Trouver une idée pour exercer un non-travail
  • 2 – Trouver la meilleure accroche commerciale pour me non-vendre
  • 3 – Diffuser ma philosophie du non-travaillisme
  • 4 – Ne pas faire d’étape 4

ÉTAPE 1 – Trouver une idée pour exercer un non-travail

Pour cette étape j’ai boosté mon mindset de good vibes et je me suis dit, ok, tu vas non-travailler, et ça va être le feu. Il parait que quand on visualise très fort un truc ça aide. Alors j’ai visualisé de ouf.

Et l’idée est venue : je vais faire en sorte de ne pas avoir de clients, de ne pas me faire connaitre, de rester confidentiel. Et je vais réparer des tricycles. Et si ya des gens qui ont besoin d’un coup de main rémunéré, je répondrai présent. Mais ça ne sera pas du travail : ce sera une activité comme une autre. Attention hein, le vocabulaire c’est important et c’est une question de mindset. Si je me dis qu’une activité, parce qu’elle est rémunérée, ça devient du travail, ça le fait pas car ça va à l’encontre de ma philosophie. La nuance est fine mais je t’assure qu’elle fait toute la différence.

ÉTAPE 2 – Trouver la meilleure accroche commerciale pour me non-vendre

Cette étape, je l’ai soignée. J’ai composé un mail aux petits oignons. Je vous laisse le déguster, il est encore fumant.

Bonjour,

Je m’appelle Borris. Je n’aime pas travailler. Mais bon, je le fais par obligation parce qu’il parait que c’est indispensable à la vie et que je n’ai pas le choix. Donc je fais semblant d’avoir des envies et des passions pour rassurer les gens autour de moi.

C’est pour cela que j’ai appris à réparer des tricycles et des vélocipèdes. Je vous les pimpe comme vous le souhaitez. D’ailleurs, ça me dit bien de bosser avec vous. Je me dis que ce ne sera pas trop chiant, parce que malgré tout, j’aime travailler avec des gens qui croient en leur activité et qui ont envie de la voir grandir.

Sachez que comme je suis un expert du tout et son contraire et que j’aime le travail bien fait, je prendrai soin de vos véhicules terrestres à propulsion humaine composés de deux ou trois roues et je saurai vous proposer des solutions techniques qui vous ressemble. Pour accompagner ma vie de philosophe du non-travail, je propose des tarifs alléchants.  

Si ça vous tente, écrivez-moi.

A bientôt

Borris Popof

ÉTAPE 3 – Diffuser ma philosophie du non-travaillisme

Vous êtes en train de lire le résultat de cette étape.

ÉTAPE 4 – Ne pas faire d’étape 4

J’aime quand il n’y a rien à faire.

Le résultat de ce plan en 4 étapes ?

Hyper positif. Les gens ont pris mon mail non-commercial soit pour une provocation soit pour de l’humour mal placé. Et à ma grande surprise, certains m’ont fait des réponses (que je vous laisse imaginer) aussi abouties que mon mail. Et certains ont même aimé. Vraiment. Alors ils m’ont contacté en mode : on veut un réparateur comme vous.

Comme quoi, ya vraiment de la place pour tout le monde ici-bas. Mais ça ne me fera pas changer d’avis pour autant. Non-travailler, ça restera toujours mieux pour moi que travailler.

Sur ce, je te remercie d’avoir lu le texte de diffusion de ma philosophie du non-travaillisme.

Je te souhaite d’être in love de ton travail si c’est ton kif et d’être un non-travailleur si c’est ton kif. 

Crédit photo de la tarte aux fraises : goshdarnypooh

1 commentaire pour “Je n’aime pas travailler. Un point c’est tout.”

  1. Bonjour Merluchaud,

    C’est incroyable. Grâce à toi je viens de mettre des mots sur le plus grand problème de ma vie !

    Oui j’en ai marre de devoir payer pour ce que j’achète ! J’ai envie que ce soit moi que l’on paye pour que j’achète 😀

    Ton concept de non-vendre m’intéresse par conséquent beaucoup car il me permettrait de te faire réparer mon tricycle (car quelqu’un qui a traversé des aventures comme le précédente avec le croco, moi je lui fait confiance pour les tricycles) en même temps que tu me donnes des l’argent si j’ai bien compris !

    Je te trouve tellement génial j’aimerais que tu fasses des formations payantes en ligne que je puisse non-acheter sans bouger mes fesses de mon canapé ! Merci

    Merluchong je t’adore, promis je serai ton meilleur non-client, je casserai mon guidon et percerai mes freins un jour sur deux

    Vivement une nouvelle histoire

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